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Les déterminants du surpoids et de l’obésité chez les adultes déficients intellectuels en institution: une étude qualitative auprès de 26 éducateurs sur la nutrition et l’activité physique.

2018
Santé
Auteurs Physiques
  • GAUTRAIS (E.)
  • HERBAUX (V.)
Organismes Producteurs
Aucun organisme producteur
Organismes Commanditaires
  • Université de Lyon
Résumé
La prévalence de l'obésité est plus importante chez les adultes déficients intellectuels que dans la population générale. La prise de poids est soumise à des facteurs environnementaux qui, en institution, sont modulés par les éducateurs. Identifier leurs représentations de la prise en charge nutritionnelle pourrait conduire à des pistes d'améliorations. Étude qualitative par entretiens semi-dirigés réalisés auprès de 26 éducateurs dans deux foyers d'accueil de la région Auvergne-Rhône-Alpes. L'alimentation et les repas sont primordiaux dans la vie des résidents, il s'agit là de leur principale source de plaisir. Les éducateurs estiment que les résidents ont peu ou pas de goût, présentent un comportement boulimique et accordent plus d'importance à la quantité qu'à la qualité. Lorsque les éducateurs sont interrogés sur leur conception du bien manger , ils semblent le relier plus à une notion de plaisir que d'équilibre nutritionnel. En ce qui concerne l'activité physique, elle est jugée comme insuffisante, et les avis sont mitigés concernant la possibilité d'une perte de poids grâce à celle-ci. La prévalence importante du surpoids et de l'obésité est évoquée spontanément par les éducateurs qui lui reconnaissent un impact néfaste sur la santé et l'autonomie. Malgré tout certains ne sont pas convaincus de l'importance de la prise en charge nutritionnelle. Les principaux freins à cette prise en charge sont l'aspect financier, le manque de temps ou de personnel, le manque de stabilité et de formation de l'équipe éducative, le caractère sédentaire et le vieillissement des résidents. Le respect du libre arbitre des déficients intellectuels interroge les éducateurs qui perçoivent parfois les régimes comme une privation. Dans notre étude, les conséquences du surpoids et de l'obésité sont reconnues par les éducateurs, mais de nombreuses difficultés font obstacle à l'amélioration des règles hygiéno-diététiques. La prise de conscience de l'importance de la prise en charge nutritionnelle par les équipes encadrant les résidents est la première étape vers l'amélioration. De plus les éducateurs pourraient bénéficier d'une meilleure formation en nutrition ainsi que pour l'accompagnement des activités physiques. Des ateliers nutritionnels et des programmes de sensibilisation destinés aux déficients intellectuels pourraient permettre d'améliorer leur adhésion à la prise en charge de l'obésité.
Accès à l'étude
*L'astérisque indique les organismes ayant changé de dénomination ou ayant cessé leur activité.


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