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Les freins rencontrés dans la prise en charge des femmes victimes de violences conjugales : Enquête qualitative auprès des sages-femmes du bassin grenoblois

2020
Santé
Auteurs Physiques
  • BLANCHARD (L.)
Organismes Producteurs
  • Université de Grenoble
Résumé
En moyenne, chaque année, 1 % des femmes de 18 à 75 ans vivant en France métropolitaine, soit près de 225 000 femmes, déclarent être victimes de violences physiques et/ou sexuelles au sein du couple. Selon le Conseil Supérieur du Travail Social (CSTS) une femme sur dix est victime de violence conjugales quel que soit son milieu social. La grossesse est une période de vulnérabilité en raison des changements concernant les besoins physiques, sociaux, émotionnels et économiques qu’elle entraîne. Elle est souvent un facteur déclenchant ou aggravant (6 à 8% des femmes enceintes sont victimes de violence conjugales).

Les sages-femmes sont en première ligne lors du suivi de grossesse de la plupart des femmes et sont donc des actrices importantes du dépistage et de la prise en charge de ces violences. En tant qu’étudiante sage-femme, je me suis déjà retrouvée confrontée à des patientes victimes de violences conjugales. Je me demande comment accompagner au mieux ces patientes dans une situation difficile, en tant que future professionnelle de santé.

La question des violences envers les femmes, dans la société et dans leur foyer, a émergé en 1980, lors de la deuxième Conférence mondiale sur les femmes de Copenhague. Ces violences, considérées comme un problème de santé, sont circonscrites à l’univers familial.

C’est en 1993 que des mesures transnationales vont commencer à être prises et que ces violences sont reconnues comme des violations des droits fondamentaux. « Comme toute forme de violence à l’encontre des personnes, les violences conjugales représentent une atteinte au droit fondamental des personnes à vivre en sécurité et une atteinte à leur dignité. Elles entraînent une atteinte à leur intégrité physique et psychique et 3 sont à l’origine d’importantes conséquences traumatiques car ce sont tous les aspects de la vie de la victime qui peuvent être ébranlés ».

A partir de 1997, l’OMS (Organisation Mondial de la Santé) suivant une démarche scientifique de santé publique, institutionnalise un plan d’action pour la prévention de la violence, notamment à l’égard des femmes et des enfants. C’est donc dans la deuxième partie du XXème siècle que les professionnels de santé ont commencé à être sensibilisés et formés aux violences conjugales.
Depuis de nombreux outils ont été développés, notamment la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF), qui a mis en place des ressources en ligne traitant de ce sujet et le développement de réseaux professionnels au sein desquels on retrouve des sages-femmes, qui permettent une prise en charge pluridisciplinaire.
En 2010, la lutte contre les violences faites aux femmes a été déclarée grande cause nationale par l’état Français.

La représentation des violences conjugales a connu une évolution ces dernières années, bien que les femmes qui en sont victimes demeurent nombreuses. Les professionnels de santé ayant une place importante dans la lutte contre ces violences, je me demande quelles sont les difficultés rencontrées par les sages-femmes à la prise en charge des femmes victimes de violences conjugales. L’objectif de cette étude sera donc de repérer les freins rencontrés par les sages-femmes lors du dépistage et de la prise en charge des femmes victimes de violences.
Accès à l'étude
*L'astérisque indique les organismes ayant changé de dénomination ou ayant cessé leur activité.


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