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L’institutionnalisation d’une personne âgée: le ressenti de l’aidant: étude qualitative en région Auvergne-Rhône-Alpes.
2018
Santé
Auteurs Physiques
- FABRE (M.)
- POULLE (J.)
Organismes Producteurs
Aucun organisme producteur
Organismes Commanditaires
- Université de Lyon
Résumé
La prise en charge des personnes âgées dépendantes est une réalité sociétale. Le choix du lieu de vie est au cœur de cette problématique. L'objectif principal de cette étude était d'explorer le ressenti des aidants face à la question de l'institutionnalisation d'un proche âgé de plus de 65 ans. L'objectif secondaire était d'étudier la place du médecin traitant dans la décision. Un travail qualitatif en binôme a été réalisé à l'aide de 20 entretiens semidirigés, selon deux axes : auprès d'aidants dont le proche était en institution ou en attente de place ; auprès d'aidants dont le proche vivait à domicile ou chez qui la question ne s'était pas posée. La décision de l'institutionnalisation d'un proche avait été difficile à prendre. L'aidant traversait de nombreuses étapes, parfois douloureuses comme la culpabilité et le doute, parfois plus positives comme le soulagement et l'apaisement de la relation avec l'aidé. Ce vécu pouvait se traduire par l'apparition de pathologies somatiques et psychologiques. Pour les aidants dont le proche vivait à domicile, l'institutionnalisation était inconcevable, avec une volonté d'aller au bout de ses limites. Les freins principaux étaient la peur d'un syndrome de glissement, le coût et les souvenirs de la vie passée. Face à la charge quotidienne, elle devenait parfois nécessaire, l'aidant ne souhaitant pas sacrifier sa vie socioprofessionnelle. Les représentations sur l'institution, l'avis de l'aidé et de l'entourage influençaient la décision. Le médecin traitant avait un rôle d'alerte et de conseil, mais secondaire par rapport à celui de l'entourage. Une consultation dédiée à la question du lieu de vie pourrait être pertinente. Elle devrait être anticipée, avant l'apparition de déficience cognitive et proposée de la même manière que le choix de la personne de confiance et des directives anticipées. Son but serait de favoriser un dialogue permettant au proche et à l'aidé d'exprimer et de confronter leurs désirs et leurs limites. Le médecin pourrait alors mieux les accompagner dans leurs choix.
Accès à l'étude