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Les médecins généralistes et la vaccination anti-HPV : enquête d’opinion et de pratique menée auprès des médecins généralistes d’Isère, de Savoie et de Haute-Savoie
2020
Santé
Auteurs Physiques
- GRAND (P.)
- ROSSIGNOL (H.)
Organismes Producteurs
- Université de Grenoble
Résumé
En France, la couverture vaccinale contre le HPV n’atteint pas les 30% chez les filles, ce qui reste très inférieur à l’objectif de 60 % prévu par le plan cancer 2014-2019. De même la couverture des HSH, également visés par les recommandations depuis 2016, reste très faible. C’est pourquoi la HAS recommande la généralisation de la vaccination avec pour objectif premier l’augmentation de la couverture vaccinale des filles. L’objectif de cette étude était d’explorer l’opinion des médecins généralistes concernant le projet de généralisation de la vaccination anti-HPV à l’ensemble de la population. Les objectifs secondaires étaient les suivants : évaluer la couverture vaccinale chez les filles et les HSH, estimer l’éventuel impact de la généralisation sur la couverture vaccinale des filles ainsi que chez les HSH.
Matériel et Méthode
Un questionnaire anonyme en ligne destiné aux médecins généralistes d’Isère, de Savoie et de Haute-Savoie via différents moyens de diffusion a été utilisé entre le 15 mai et le 22 août 2020. Quelques questionnaires ont également été remis en main propre. Ce questionnaire explorait des données sociodémographiques, les pratiques actuelles des médecins généralistes, leurs opinions vis-à-vis du projet de généralisation de la vaccination anti-HPV et les retombées escomptées.
Résultats
Le questionnaire a été complété par 301 médecins (âge moyen 39,6 ± 11 ans). La plupart étaient installés (78,1%), et exerçaient en groupe (89,0%). Les milieux d’exercice « semi-rural » et « urbain » étaient prédominants face au secteur « rural ». 97,0% des participants étaient favorables à la vaccination en général. Parmi les médecins ayant une patientèle fixe et sachant estimer la couverture vaccinale anti-HPV, 57,5% estimaient que moins de la moitié de leurs patientes ciblées par les recommandations étaient vaccinées contre le HPV et 89,5 % estimaient que moins du quart de leurs patients HSH ciblés par les recommandations étaient vaccinés contre le HPV. Le projet de généralisation était connu par 82,7% des médecins interrogés et 60,1% avaient davantage abordé le sujet en consultation depuis la médiatisation du sujet. 87,4% des médecins étaient favorables au projet de généralisation. La plupart des médecins supposaient que la généralisation de la vaccination anti-HPV aurait un impact positif sur la couverture vaccinale des filles (86%) ainsi que sur celle des HSH (90,7%). 95,3% étaient favorables à l’extension de la consultation de « contraception et de prévention des MST » existante auprès des filles de 15 à 18 ans aux garçons du même âge et une campagne de vaccination en milieu scolaire était jugée favorable par 66,4% des médecins.
Conclusion
Cet état des lieux semble confirmer actuellement une faible couverture vaccinale anti-HPV aussi bien chez les femmes que chez les HSH. 87,4% des médecins généralistes se déclaraient favorables à la généralisation de la vaccination anti-HPV à l’ensemble de la population. Cette forte adhésion pourrait participer à l’augmentation de la couverture vaccinale des filles, mais aussi celle des HSH. En parallèle, afin d’augmenter l’adhésion des adolescents et des parents à la vaccination anti-HPV, il semble nécessaire de développer des campagnes d’information à destination du grand public. Il serait intéressant d’élargir la consultation existante « contraception et prévention des MST » aux garçons du même âge. La diffusion d’informations en milieu scolaire permettrait également d’instaurer et de maintenir une égalité d’accès à la vaccination pour cette classe d’âge.
Matériel et Méthode
Un questionnaire anonyme en ligne destiné aux médecins généralistes d’Isère, de Savoie et de Haute-Savoie via différents moyens de diffusion a été utilisé entre le 15 mai et le 22 août 2020. Quelques questionnaires ont également été remis en main propre. Ce questionnaire explorait des données sociodémographiques, les pratiques actuelles des médecins généralistes, leurs opinions vis-à-vis du projet de généralisation de la vaccination anti-HPV et les retombées escomptées.
Résultats
Le questionnaire a été complété par 301 médecins (âge moyen 39,6 ± 11 ans). La plupart étaient installés (78,1%), et exerçaient en groupe (89,0%). Les milieux d’exercice « semi-rural » et « urbain » étaient prédominants face au secteur « rural ». 97,0% des participants étaient favorables à la vaccination en général. Parmi les médecins ayant une patientèle fixe et sachant estimer la couverture vaccinale anti-HPV, 57,5% estimaient que moins de la moitié de leurs patientes ciblées par les recommandations étaient vaccinées contre le HPV et 89,5 % estimaient que moins du quart de leurs patients HSH ciblés par les recommandations étaient vaccinés contre le HPV. Le projet de généralisation était connu par 82,7% des médecins interrogés et 60,1% avaient davantage abordé le sujet en consultation depuis la médiatisation du sujet. 87,4% des médecins étaient favorables au projet de généralisation. La plupart des médecins supposaient que la généralisation de la vaccination anti-HPV aurait un impact positif sur la couverture vaccinale des filles (86%) ainsi que sur celle des HSH (90,7%). 95,3% étaient favorables à l’extension de la consultation de « contraception et de prévention des MST » existante auprès des filles de 15 à 18 ans aux garçons du même âge et une campagne de vaccination en milieu scolaire était jugée favorable par 66,4% des médecins.
Conclusion
Cet état des lieux semble confirmer actuellement une faible couverture vaccinale anti-HPV aussi bien chez les femmes que chez les HSH. 87,4% des médecins généralistes se déclaraient favorables à la généralisation de la vaccination anti-HPV à l’ensemble de la population. Cette forte adhésion pourrait participer à l’augmentation de la couverture vaccinale des filles, mais aussi celle des HSH. En parallèle, afin d’augmenter l’adhésion des adolescents et des parents à la vaccination anti-HPV, il semble nécessaire de développer des campagnes d’information à destination du grand public. Il serait intéressant d’élargir la consultation existante « contraception et prévention des MST » aux garçons du même âge. La diffusion d’informations en milieu scolaire permettrait également d’instaurer et de maintenir une égalité d’accès à la vaccination pour cette classe d’âge.
Accès à l'étude
Thèse de médecine (71 p.)